Ce vrai-faux fait partie de notre grand dossier “Elever des jumeaux”
Dans l’éducation, il est préférable de séparer les enfants?
Les deux : vrai et faux !

La règle est de préserver l’individualité de chaque enfant sans essayer de les séparer. La tâche est ardue. En pratique, cela revient à habiller ses enfants avec des couleurs différentes mais avec la même tenue, à les séparer de classe mais pas d’école, à les laisser dans la même chambre mais pas dans le même lit, à les laisser jouer ensemble mais avec leurs propres jouets chacun… N’essayez pas de les frustrer en les séparant mais sachez reconnaître l’unicité de chacun pour qu’ils apprennent à vivre seuls.

 
Cultiver l’individualité des deux enfants

Ce n’est que vers trois mois que le lien gémellaire vécu "in utero" pendant la grossesse se recrée : il se manifeste par des témoignages de reconnaissance et d’échange entre les enfants.
 

La plupart des professionnels de la petite enfance recommandent de favoriser leur individualité. Ils conseillent de résister à la tentation de les habiller de la même manière ou de les mettre dans le même lit.

Le psychologue spécialiste de la gémellité René Zazzo soulignait dans le "Paradoxe des jumeaux" (2) le risque d’autosuffisance de ces deux enfants qui, selon lui, forment un véritable couple. Il recommandait aux parents de s’occuper de chacun individuellement.

Le pédopsychiatre Marcel Rufo conseille également de les différencier très tôt et très longtemps pour les protéger de leur gémellité (3). Un avis partagé par Didier David, pédopsychiatre à l’Hôpital Necker. Selon lui, si ce travail n’est pas accompli dès le début, alors il sera plus difficile de les séparer par la suite à la crèche, puis à la maternelle pour que chacun vive sa vie (4).

La psychologue Séverine Delaville (5) est moins formelle sur le sujet : pour elle, il faut permettre à ce lien d’exister dans toute sa dimension positive et protectrice. Avant deux ans, elle estime tout à fait contradictoire d’obliger de jeunes jumeaux à être séparés pour encourager leur individualité, alors que c’est dans la cohabitation qu’ils vont faire l’expérience de leur singularité.

La psychologue Florence Tomasic (6) va dans le même sens. Selon elle, la séparation à la crèche ou à l’école maternelle n’est souhaitable que si les enfants ont des relations névrotiques : anxiété, dépendance, troubles du comportement… Sinon il sera plus sécurisant pour eux de rester ensemble jusqu’au CP où la séparation est préférable avec le début des résultats scolaires, afin d’éviter les comparaisons.


 
La tentation de l’égalitarisme

 

René Zazzo conseillait également aux parents de ne pas vouloir à tout prix "raboter toute différence" pour établir une égalité parfaite. A l’inverse, l’attitude des parents qui consiste à donner un droit d’aînesse à l’un des deux est, selon lui, tout aussi dommageable.

Pour Didier David, "plus les parents voudront leur épargner le sentiment de jalousie, plus ce sentiment deviendra intense". Une réflexion qui devrait déculpabiliser bien des parents !


(1) CNAF, "Activité féminine, Vie familiale".
(2) "Le paradoxe des jumeaux", René Zazzo, éditions Stock.
(3) "Elever bébé", Marcel Rufo et Christine Schilte, éditions Hachette.
(4) Interview de Dr Didier David, pédopsychiatre à l’Hôpital Necker-Enfants Malades.
(5) "Attendre et élever des jumeaux", Séverine Delaville, éditions Studyparents.
(6) "Les jumeaux", Muriel Descamps, éditions Le cavalier bleu.



La rédaction de BébéVallée
 

Devenir frère ou soeur de jumeaux

 Impact psychologique des jumeaux sur les enfants et leurs parents

JUMEAUX ET ENFANT UNIQUE

Article très intéressant à lire sur le sens exact de 'dégémélliser' et les impasses d'une dégémellisation forcenée :  Dégémelliser et dédramatiser

4 questions pour savoir apprécier la théorie

 

 

 

Dossier très intéressant sur la place dans la fratrie. (DéjaGrandinfobébé.com) qui amène à une reflexion sur "jumeaux et fratrie" et "jumeaux en tant que fratrie" .

Jumeaux et fratrie, mon experience.

J'ai 33 ans et je suis maman de Jacques 6 ans , Céline et Valentine presque 5 ans et Rémy presque 2 ans.

Jacques avait 17 mois quand mes jumelles sont nées . Peu voire pas d'articles étaient écrits sur "fratrie et jumeaux". Tout ce que l'on conseille:  c'est de passer du temps seule avec l'aîné qui est destabilisé par l' arrivée des jumeaux, jumeaux qui sont souvent perçus comme un bloc perturbateur qu'il faut éloigner ou faire attendre . De ce que j'ai lu ou entendu ou de ce qui est conseillé avec l'aîné ..se résume souvent à celà . Il faut passer du temps seule avec l'aîné, il faut faire garder les jumeaux pour cela , il faut que l'aîné ne vous voit pas toujours avec les bébés dans les bras . Des conseils à vous faire culpabiliser de vous occuper de vos bébés jumeaux comme vous vous êtes occupée de votre aîné quand il était nourrisson. L'aîné réagit , regresse , la violence de ses colères sont orientées vers la mère et non les bébés. C'est plus sain , il exprime ce qu'il ressent, c'est largement souhaitable . C'est l'inverse qui est inquiètant, un enfant qui se replie, déprime. On a tendance à oublier que l'arrivée d'un nouveau bébé, c'est la création d'une nouvelle fratrie, d'une nouvelle donne qui trouvera ses repères dans le temps.

Le premier enfant était unique . Devenir maman de jumeaux en ayant un aîné, c'est écartelant car vous êtes confrontée aux théories de la société actuelle qui ne s'applique pas à votre nouvelle situation. Quand vous avez 1 enfant, on vous parle de sociabilisation à tout prix de l'enfant. Quand vous avez un nouvel enfant, on focalise sur la réaction de l'aîné qui était enfant unique, on oublie qu'il évolue comme chaque enfant passant par des étapes constructives de sa personnalité. La periode de test, de refus du non, ces periodes où on vous dit d'être ferme pour créer des repères, est oubliée par une focalisation nécessaire sur l'aîné qu'il faut rassurer. Les conseils donnés ne suggérent que séparation au lieu de création de moment ensemble pour montrer les avantages d'être une fratrie. Pendant ma grossesse gémellaire, Jacques est allé en halte garderie. Et les conseils donnés par l'équipe de cette halte garderie n'était que la séparation . L'aîné séparé, pour ne pas me voir toujours avec les bébés, puis séparation des jumelles de l'aîné pour que l'aîné passe du temps seul avec maman. Et j'ai refusé . Refusé de faire avec mes jumelles ce que je n'aurais pas fait avec mon aîné. L'essentiel pour moi était de créer des moments pour les 3, de créer des moments agréables et propices aux 3 en même temps . Les longues promenades, l'aîné ayant sa place dans la poussette, les sorties au parc de jeux, promenant les jumeaux nourrissons et permettant à l'aîné de jouer, se dépenser et maman disponible pour les 3 dans un lieu non fermé comme la maison . Les filles ont grandit et peu à peu , les jeux entre frères et soeurs ont commencé. C'est une des jumelles qui est allée vers Jacques en premier, lui montrant en quelque sorte  les avantages d'être une fratrie. Jacques avait ses jeux, son univers à lui, et un nouvel univers celui de la fratrie c'est ouvert. L'univers de la fratrie où la famille ne pourrait complètement exister l'un sans l'autre, où la présence d'une frère ou d'une soeur va de soi. Ainsi est arrivé Rémy . La fratrie a 3 et naturellement devenue fratrie à 4 . La fratrie n'est pas un groupe uniforme, ainsi que les jumeaux ne sont pas un couple à part dans la fratrie. Les conseils donnés en général sont accès sur l'enfant unique ou les jumeaux seuls enfants d'un couple. Lorsque l'on a des jumeaux et d'autres enfants, c'est une autre logique qui se crée, où certes il est difficile de faire avec plusieurs ce que l'on fait avec un enfant tout seul, mais où l'interaction des liens entre enfants d'une fratrie est enrichissante pour tous.

 Des jumeaux nés dans une fratrie, une fratrie d'âges rapprochées, semblent moins perçus comme un bloc gémellaire risquant de dériver vers la  "fusion".  L'angoisse des parents lorsque s'annonce l'arrivée de jumeaux est de penser que l'aîné aura beaucoup de mal à faire sa place "face" au couple gémellaire . Il n'y a rien de systèmatique. Chacun trouve sa place dans le temps, l'idée de couple tend à s'effacer, surtout dans une fratrie au nombre paire. A voir dans une fratrie de 3 enfants dont composée de jumeaux si la fratrie se comporte en 1+1+1 ou 2+1, le duo 2 + 1 n'étant pas forcément les jumeaux "face" à l'ainé ou le cadet . Un des jumeaux porte toute son attention sur l'aîné ou le cadet, au dépend de l'autre jumeau.  Dans ce cadre, il est important d'observer comment se "crée" le fameux rapport dominant-dominé et d'intervenir quand l'un des jumeaux "s'approprie" l'aîné ou le cadet, empêche la relation fraternelle entre l'autre jumeau et l'ainé. Ce phènomène aura tendance à se dissiper avec l'arrivée d'un nouvel enfant puisque une nouvelle parité et égalité se crée dans le nombre.

L'insertion de cet article "jumeaux et fratrie" peut amener à poser une question en apparence surprenante.Y a-t-il un rang de naissance dans les jumeaux? Logiquement non, du point de vue des jumeaux cette question paraît aberrante !

Y a-t-il un ainé et un cadet chez les jumeaux? Logiquement non, puisque le principe des jumeaux, c'est d'être né "en même temps". Dans la déclaration de naissance, il y a toujours un premier né et un second . Selon les générations, on disait que le  2e né serait "l'ainé' car on supposait que le 2è né serait le 1er conçu. Aujourd'hui, on affirme que c'est l'inverse: le 1er sorti est par définition le 1er né. Cette notion de rang de naissance  est en soi aberrante dans le cadre des jumeaux, le fait d'être conçu au même moment suppose une égalité de naissance. Une absence de "rang" qui supposerait que l'ainé des jumeaux se donne des droits.  Certains parents dégémellisent, dans le sens étymologique du terme, c'est à dire  "nier la gémellité" un instaurant  cette notion de rang . Ils instaurent cette notion de rang d'autant plus lorsque le "couple" gémellaire est composé des 2 sexes ! Dans ce cadre de pensée, la notion de jumeau disparaît pour  une "classification" garçon = ainé , fille= cadet, sachant que l'importance est davantage accordée au garçon, porteur de toutes les attentes. La dérive de cette conception à l'ancienne est d'installer des différences basée sur + et -. La notion d'égalité entre jumeaux, nés ensemble s'efface pour une distinction fille/garçon , ainé /cadet , donc la création de différences malsaines. Ce type de vision de la fratrie transforme le lien gémellaire en compétition. Le lien gémellaire n'étant jamais neutre, cette compétition transforme le lien gémellaire que l'on idéalise par amour fraternel, complicité, égalité  par l'opposé : frères ennemis, concurrence, différence. Cette conception à l'ancienne crée une forme de guerre entre les jumeaux dont aucun des 2 ne sort indemne . Le seul point commun qu'il reste dans cette fratrie désequilibrée par la différence, c'est de capter l'affection parentale puisque l'équilibre gémellaire est rompu par l'instauration de plus et de moins, de celui qui est au dessus, celui qui est en dessous. La notion d'égalité qui devrait être une évidence a disparu . La fratrie gémellaire est coincée dans cette forme de rapport dominant-dominé qui a été favorisé voire exacerbé par la notion de rang de naissance.

Les jumeaux sont des enfants comme les autres, mais c'est une fratrie particulière dont le risque de dérive peut provenir de l'oubli de cette particularité, lorsque l'on y superpose des théories, des conceptions basées sur les singletons . Dégémelliser, un mot qui n'est pas présent dans les dictionnaires sur le web, suppose de différencier pour permettre à chaque enfant de s'épanouir, différencier pour éviter ce sur quoi les médias focalisent : la rélation gémellaire comme une fusion, une relation qui étouffe celui qui n'est pas dépendant de l'autre, une relation qui enferme les jumeaux  dans leur monde à eux . La dérive de vouloir dégémelliser, différencier et séparer à tout prix pour écarter la fusion entraîne l'opposé : le rapprochement des jumeaux, tant on s'acharne à vouloir les élever comme des singletons. Un peu comme si les parents voulaient maîtriser à tout prix ce lien qui les perturbe et qu'ils ne maîtrisent pas parce n'étant pas jumeaux eux même . A l'exemple de l'école, on sépare les jumeaux pour qu'ils aient chacun leur univers. On les sépare de classe et l'entourage s'inquiète s'ils ont tendance à se retrouver en dehors de leur classe respective. On focalise tant sur la peur de fusion des jumeaux  qu'on en arrive à créer des inquiètudes, créer des problèmatiques, là où on ne s'en poserait pas pour une fratrie non gémellaire....une fratrie "normale".

Un caractère façonné par son rang de naissance
L’aîné ou le « petit chef »
Le cadet ou « l’enfant paradoxal »
L’enfant du milieu ou « l’enfant sandwich »
Le benjamin ou le « bébé de la famille »
L’enfant unique ou « l’enfant adulte »

 

La dégémellisation des jumeaux monozygotes et dizygotes est-elle différente?

La principe de base de la gémellité, c'est la conception en même temps de 2 enfants. Le développement in utero de ces 2 enfants entraîne une proximité. Une proximité proche du lien mère-enfant. Le lien mère-enfant est sensible car l'enfant s'est développé in utero au contact de la mère . Les jumeaux ont une particularité : comme chaque enfant unique, ils se sont développés chacun in utero au contact du ventre maternel, mais aussi au contact l'un de l'autre. Deux enfants se sont développés : non pas 1 qui s'est développé en 2!  A la naissance, ce sont 2 enfants distincts qui naissent. Deux enfants dont on pense qu'ils devront impérativement se séparer l'un de l'autre pour pouvoir vivre comme tout le monde, vivre comme tout singleton. La manière de gérer cette séparation dans la société d'aujourd'hui n'est pas si éloignée de la manière dont on souhaite séparer la mère de l'enfant. Tout est basé sur la notion d'autonomie absolue, d'indépendance, comme si toute forme de dépendance affective était nocive au développement de chacun. Tout est perçu  un peu dans l'extrême au point d'oublier que l'on passe tous par des étapes et que tout évolue dans le temps.  A l'image de la relation mère/bébé, on conseille la séparation immédiate allant jusqu'à conseiller de ne pas trop prendre bébé dans ses bras parce qu'il va prendre de mauvaises habitudes et faire de vous l'esclave de ses désirs . Depuis quelque temps, concernant la relation mère/bébé, est apparue une conception complétement à l'opposé qui se résume sous le nom de "maternage".

Avec les jumeaux et la dégémellisation, on se retrouve un peu dans le même état d'esprit : séparer dès la naissance, séparer en collectivité, tout faire dans le différent systèmatique et refuser l'identique ou ce qui s'en rapproche, sous peine de créer de futurs jumeaux enfermés dans leur bulle, incapable de se créer une vie affective, à la limite de l'inceste ou de l'homosexualité! A peine né, les jumeaux sont éduqués dans l'objectif d'éviter le pire et ce pour leur bien!

A l'image de la relation mère-enfant, l'individualisation se crée dans le temps. Les besoins de proximité et d'éloignement évoluent dans le temps. Ce besoin de proximité se rapproche et s'éloigne suivant les étapes de la construction individuelle . Ce qui signifie que ce n'est pas parce qu'à une periode donnée, les jumeaux se rapprochent, qu'ils ne s'éloigneront plus. Des periodes de rapprochement sont parfois nécessaires  pour mieux s'éloigner l'un de l'autre.  On vient de trouver un nom à ce processus, spécifique aux jumeaux,  l'étape dite de complémentarité . Quand j'ai lu l'article Dégémelliser et dédramatiser , je me suis dit : "enfin un qui a tout compris!"

J'en reviens au titre de ce paragraphe : La dégémellisation des jumeaux monozygotes et dizygotes est-elle différente? 

Ce qui est particulier aux jumeaux monozygotes, c'est leur ressemblance physique. Une ressemblance physique qui perturbe au point s'assimiler jumeaux monozygotes à "clône" et donc à penser que les jumeaux monozygotes ne sont pas plus capables eux même d'être distinct physiquement que mentalement. Toute la dégémellisation se tournent autour des différences : différences autour de leur physique pour qu'ils se distinguent eux même et pour les autres, différence pour qu'ils se dissocient l'un de l'autre. A écouter les médias, les jumeaux monozygotes sont si imbriqués l'un dans l'autre que même leur esprit est rélié : ils sont capables de télépathie! Je suis jumelle mais seulement jumelle dizygote, donc certains diront que n'étant pas réellement jumelle au fond, je ne suis pas capable de connaître réellement les jumeaux ! Je pense que les jumeaux se connaissent très très bien, ce qui amène à ne pas avoir besoin de se parler pour se comprendre ...de là, à cautionner une forme de télépathieUndecided...
J'en viens à la dégemelisation des jumeaux dizygotes. L'air de rien, j'ai déjà commencé à en parler . Toute la problèmatique est là  : il y a les vrais et les faux jumeaux. Il y a les vrais jumeaux dont on parle tant dans les médias et il y a ces faux jumeaux dont on finit par oublier qu'ils sont jumeaux. Quelquepart le problème est là . La différenciation semble a priori moins difficile puisque l'on n'a pas le problème de la ressemblance physique. De là, il n'y a qu'un pas à penser que les jumeaux dizygotes dit jumeaux fraternels sont de simples frères et/ ou soeurs comme les autres. Par conséquent, il est facile de les séparer, de pas prendre de précaution, de séparer à n'importe quel âge.
 Les jumeaux enfants ont tendance à se rapprocher, à se chercher dans les moments "nouveaux", les moments perturbants, source d'inquiétude. La présence de l'autre rassure,  un jumeau ne connaît pas la solitude . Par conséquent, des enfants jumeaux qui n'auront jamais  réellement vécu l'absence ou la séparation avant l'école souffriront d'autant plus si cette séparation est en même temps liée à l'entrée dans un nouvel environnement comme l'école . On se retrouve dans une problèmatique où on sépare les jumeaux pour qu'ils s'individualisent et c'est l'inverse qui se produit. L'avantage d'être jumeau, c'est d'être 2, il est moins difficile "d'affronter" un nouvel univers à 2  que seul . Je suppose qu'il y aura moins de pleurs, en général, pour les jumeaux commençant la 1 ère année de maternelle ensemble ou ayant déjà experimenté la séparation par rapport aux enfants uniques. Organiser une séparation à l'école, si les 2 enfants ne sont pas prêt ou si l'un des 2 n'est pas prêt, c'est créer une souffrance en plus de la découverte d'une nouveauté. Créer une souffrance supplémentaire est inutile. Inutile même si elle est voulue pour leur bien.

Ensuite, la nouvelle problèmatique de l'école sera la comparaison par l'entourage, comparaison par les enseignants, comparaisons des résultats scolaires. Une comparaison peut supposer une forme d'égalité parce que sinon elle entraîne des différences . Le problème de ces différences est qu'elles seront toujours perçues en terme de valeur. L'un est plus ou moins fort que l'autre dans une matière, dans ses résultats scolaires. Au lieu d'être un terrain de complèmentarité, l'école peut devenir un lieu de compétition. Le redoublement de classe d'un des 2 jumeaux peut créer un serieux déséquilibre, parce qu'il crée une différence en terme de valeur.

 

 

Dominant -dominé

Un enfant né, grandit, évolue et apprend du monde exterieur et des relations sociales et famililales en testant, en percevant les réactions des uns et des autres . Les jumeaux naissent "directement" dans un contexte social. Ayant un frère ou une soeur dès la naissance, évoluant ensemble, avec les mêmes attentes en raison de leur âge commun. Ils découvrent par leur interaction leurs différences de personnalité, de caractère.

Sur la définition dominant -dominé, on trouve 2 définitions :

*c'est l'étape de la complémentarité : les parents attribuent des fonctions complémentaires à chacun des jumeaux. L'un parle mieux, l'autre est plus réfléchi... Ce genre de chose. C'est à ce moment-là que Zazzo (psychologue spécialiste des jumeaux, le premier à avoir publié des études sur les jumeaux en France) parle de dominant/dominé. C'est quelque chose qui existe ponctuellement, mais qui évolue. Si ce rapport reste figé, alors cela entre dans la pathologie de la gémellité. Un des enfants, plus mature va écraser l'autre, ce qui donnera une rivalité importante au moment de l'adolescence. Mais habituellement, le rapport n'arrête pas de changer, chacun des jumeaux développe ses compétences en parallèle.

*Dominant et dominé
Cette notion est largement passée dans l’esprit des parents et des éducateurs. N’est-elle pas l’expression de la différence entre deux individus ? Le couple gémellaire fonctionne non pas sur un modèle hiérarchique, mais avec une spécialisation des jumeaux, l’un étant un peu « le ministre de l’Intérieur », les spécialiste des affaires du couple, alors que l’autre apparaît comme « le ministre des Affaires étrangères », spécialiste de la parole et de la communication. Lorsque les jumeaux sont de sexe différent, leur complémentarité paraît naturelle. Mais paradoxalement, c’est le plus souvent la fille qui est considérée comme dominante.

Souvent cette relation dite "dominant-dominé" est perçue et résumée comme exclusivement hiérarchique, comme si  l'un des jumeaux était forcément victime de l'autre . Le lien gémellaire, la relation entre les jumeaux évoluent avec le temps , elle n'est jamais figée. La relation fraternelle se construit et évolue autour de ce qui est permis ou ne l'est pas . L'enfant teste l'autre, et ne perçoit pas au départ ce qui est bien ou pas bien. Cette notion s'apprend avec le temps. Si on constate qu'un des jumeaux a tendance à effacer l'autre, en prenant toujours ce qui est mieux, à décider pour l'autre, c'est aux parents d'intervenir et d'expliquer ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas . S'il n'y a jamais d'intervention, des habitudes se créent, s'installent puisque validées selon l'enfant par les parents.

à lire ..Des enfants au lien si particulier